C'était une nuit de septembre, fraiche comme sont les nuits de fin d'été. Une nuit magnifique, le clair de Lune projetait les ombres des arbres à terre et le vent faisait danser les feuilles mortes qui commençaient à tomber. L'atmosphère était étrange et plus j'avançais à travers la forêt plus cette sensation étrange augmentait. Ce sentiment de peur et d'excitation à la fois, je ne sais comment l'expliquer, c'était...bizarre.
Après quelques minutes de marche, j'arrivais enfin en haut de la colline. La sensation étrange était toujours présente, plus forte qu'avant même et je voyais les lumières de la petite ville en contre bas à travers les arbres. Tout cela semblait irréel, comme dans un rêve et j'avais l'impression que quelque chose pouvait arriver à tout instant.
Je me dirigeais vers le banc qui faisait face au ravin et qui surplombait la ville. A ma grande surprise, il était déjà prit. Une personne était assise sur le banc, une femme. Elle avait le regard perdu, scrutant le ravin comme si elle cherchait quelque chose. Elle était vêtue d'une robe blanche et son corps semblait avoir volé sa pâleur à la Lune. Elle devait sûrement avoir froid dans cette tenue. J'ouvris la bouche pour m'excuser de l'avoir dérangée mais aucun son ne sortit. J'étais incapable de parler, la panique me gagnait peu à peu mais j'étais comme pétrifié mes jambes ne m'obéissaient plus et je restais là à contempler la jeune femme.
Elle n'avait pas remarqué ma présence et elle était à présent debout. Son corps luisait comme la Lune et elle était entourée de brume. Le vent soufflait toujours et je ne pouvait faire de mouvement, ni émettre le moindre son. La jeune femme s'avança vers le ravin sans un mot, sans un mouvement brusque, elle avançait tranquillement sans se soucier de ma présence, elle avançait vers le ravin et chaque pas la rapprochai du précipice. Je voulu crier mais rien ne sortit, je voulu courir vers elle pour la sauver mais j'étais toujours incapable de bouger, alors abandonnant tout effort, je me mis à prier, prier pour qu'elle s'arrête à temps. La jeune femme avançait toujours, plus que quelques mètres, un pas, deux pas, trois pas, plus qu'un mètre environ,... Un nuage cacha la Lune rendant la nuit plus noir mais la jeune femme luisait toujours, elle était à quelques centimètres du précipice, le vent s'arrêta soudainement et je ferma les yeux.
Lorsque je les rouvrit, la Lune luisait à nouveau d'une blancheur intense. La jeune femme avait disparut, je me dirigeais vers le ravin et je regardai en bas, rien, le néant, le corps avait disparut...
Je pouvais à nouveau me déplacer et la sensation étrange avait disparut, elle était à présent remplacée par un sentiment de tristesse. Je restais là à regarder le fond du précipice lorsque le vent se mit à nouveau à souffler. Glacial et effrayant, il soufflait parmi les arbres, et une voix d'une beauté étrange se fit bientôt entendre. A chaque bourrasque de vent la voix semblait me dire: "Tout les chemin ont une fin..." , "Tout les chemin ont une fin", "Tout les chemin ont une fin"...